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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 09:36
RENCONTRE

 

Biographie

Sorj Chalandon est né le 16 mai à Tunis en Tunisie. Georges – de son vrai prénom – passe son enfance à Lyon entouré de son frère, de sa mère et de son père, atteint de paranoïa et qui enferme sa famille dans la peur et la folie. Si les premières années de la vie de l’auteur sont assez noires, il parvient cependant à s’en tirer et développe très rapidement un gout pour l’écriture.

À partir de 1973, il exerce la profession de journaliste au sein du quotidien français Libération. Reconnu pour ses reportages de qualité sur l’Irlande du Nord et le procès de Klaus Barbie, Sorj Chalandon est récompensé en 1988 par le prix Albert-Londres qui salue les grands reporters de la presse écrite. À la fin de sa carrière dans ce journal – qu’il quitte définitivement après 30 ans de service –, il écrit son premier roman, Le Petit Bonzi, qui est publié en 2005. Il est rapidement décoré de quelques petits prix littéraires, comme le prix du Premier Roman de l’université d’Artois.

Riche de cette première expérience, Sorj Chalandon poursuit sa nouvelle carrière littéraire en sortant l’année suivante Une promesse qui remporte le prestigieux prix Médicis. Tout en participant à la création de scénario pour la série télévisée française Reporters, il publie en 2008 Mon traître qui, tout comme les précédents, reçoit plusieurs prix littéraires.

Tout en poursuivant sur cette brillante voie, il devient formateur au centre de formation des journalistes à Paris (de 2007 à 2009), puis président du jury du prix littéraire du Deuxième Roman (2013).  En 2009, sort La Légende de nos pères (prix Ouest du Printemps du Livre), en 2011 Retour à Killybegs (Grand prix du roman de l’Académie française) et en 2013 Le Quatrième Mur qui est récompensée par pas moins de six prix littéraires, dont le Goncourt des lycéens. En 2015, Sorj Chalandon publie Profession du père (prix du Style), un roman d’autofiction qui lui permet de tourner définitivement la page sur son enfance et son père peu banal.

Depuis août 2009, Sorj Chalandon est journaliste au Canard enchaîné, ainsi que critique cinéma.

 

 

Bibliographie

 

 

Le Petit Bonzi, Grasset, 2005 et Le livre de poche.

Prix du premier roman de l'université d'Artois. Prix de l'École normale supérieure de Cachan. Prix du premier roman du Touquet.

Jacques Rougeron a douze ans. Un soir d'automne, au pied de son immeuble, il croit avoir enfin trouvé le moyen de guérir. Jacques Rougeron est bègue. Il voudrait parler aussi vite, aussi bien, que Bonzi et tous les autres. Bonzi, c'est son ami, son frère, c'est lui, presque. Bonzi le soutient. Ils n'ont que quelques jours. C'est leur secret.

Citation de Sorj Chalandon

« Couché sur le dos, son crayon à la main, le visage enfoui contre le sommier de pin, il note ses mensonges, il note ses peurs, il note ses terreurs, il note tout ce qui se saura parce que le temps sait tout. Des riens juste entre lui et lui, des épouvantes de pain d'épice, des griffures de linotte, des effrois de gamin de douze ans. Ce qu'il masque, grime, dissimule. Il note tout cela précisément. Il le note pour se souvenir, pour après, pour plus tard. Pour relire ses frayeurs de rien quand elles ne seront plus. »

Une promesse, Grasset, 2006 et Le livre de poche.

Prix Médicis.

Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Tout est silencieux, les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, sept amis en franchissent le seuil. Les uns après les autres, chacun son tour et chacun sa tâche. S'accomplit ainsi le serment de sept âmes vives à deux âmes sombres : la parole donnée pour retarder le deuil. Voici l'histoire d'un mystère et d'une fraternité

 

Mon traître, Grasset, 2008 et Le livre de poche.

Prix Jean-Freustié10. Prix Joseph-Kessel. Prix Marguerite Puhl-Demange. Prix Simenon. Prix Gabrielle d'Estrées. Prix Lettres Frontière 2008.

En Irlande, en même temps qu'on apprend à boire, on apprend à pisser. Antoine, luthier parisien, sera initié à l'art d'uriner à bonne distance de l'urinoir par un certain Tyrone Meehan. Tyrone Meehan. Une sorte de héros droit et fier de la lutte armée contre les envahisseurs Britanniques ; un des grands esprits de l'IRA ; une de ces figures inoubliables dont vous priez le sort pour qu'elle vous accorde un minimum de crédit quand elle vous croise au pub. Mais un jour, longtemps après leur naissance, les légendes sombrent. Tyrone va sombrer lui aussi. Lorsque tout le monde apprend avec terreur qu'il est depuis des années un traître au service de l'ennemi anglais. Pour Antoine, il devient ainsi « mon traître », remettant en cause ses certitudes sur l'amitié, la fraternité et la valeur de ses idéaux.

Entre Belfast et Paris, la fiction nous enivre comme une bonne demi-douzaine de pintes à l'âpre goût de vérité historique : le traître d'Antoine emprunte en effet ses traits à Denis Donaldson, félon réel assassiné en 2006 dans le cottage irlandais où il s'était retiré après avoir été lâché par le gouvernement britannique suite aux accords sur le désarmement de l'IRA.

Citation de Sorj Chalandon

« Il fallait que je ferme les yeux et que j'appelle ce lac à l'aide, ces collines, ce ciel, ce vent. Il fallait que j'appelle cette beauté. Et là, comme ça, il a dit que je sentirais sa main sur mon épaule et que tout serait simple. Il a dit qu'alors je saurais qu'il est juste, et normal, et bon que des hommes se battent pour cette terre. »

 

La Légende de nos pères, Grasset, 2009 et Le livre de poche.

Prix Ouest du Printemps du Livre, 2010

Après avoir été journaliste à la Voix du Nord, Marcel Frémaux est devenu biographe familial. " Toute vie mérite d'être racontée ", disent ses publicités, et c'est pour cela que ses clients se confient à lui. Il les écoute, met en forme leurs souvenirs, les rédige puis fait imprimer un livre destiné aux amis ou au cercle familial.
Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente au biographe.
Tescelin, le père de Lupuline, ancien cheminot du Nord de la France, était un Résistant, un partisan de l'Armée des ombres. Dédaigneux des hommages, il n'a raconté sa bravoure qu'à sa fille. Alors, pour ses 85 ans, Lupuline veut offrir à son père les mémoires de son combat. Elle veut ramener son passé glorieux en pleine lumière. Le vieil homme est réticent. Embarrassé. En colère même de tout ce tapage. Et puis il accepte.
Marcel Frémaux va s'atteler à cet ouvrage avec passion. Pierre Frémaux, son père, fut un Résistant. Comme le vieux Beuzaboc, un partisan de l'Armée des ombres, silencieux et dédaigneux des hommages. Mais son père n'a jamais rien raconté. Et il est mort, laissant son fils sans empreinte de lui. En écoutant Beuzaboc, c'est son père que le biographe veut entendre. En retraçant sa route, il espère enfin croiser son chemin. Mais rien ne se passe comme il le pensait. Et plus Beuzaboc raconte, plus le doute s'installe. C'est par une poignée de mains, que le biographe et le vieil homme avaient
scellé leur pacte de mémoire. Ensemble, ils franchiront les portes de l'enfer.

 

Retour à Killybegs, Grasset, 2011.

Liste Goncourt : Choix de la Serbie 201211 et Choix de la Pologne 201111. Grand prix du roman de l'Académie française

« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes […]. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi […]. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence. » Killybegs, le 24 décembre 2006, Tyrone Meehan.

Citation de Sorj Chalandon

 « Quand mon père me battait il criait en anglais, comme s'il ne voulait pas mêler notre langue à ça. Il frappait bouche tordue, en hurlant des mots de soldat. Quand mon père me battait il n'était plus mon père, seulement Patraig Meehan. Gueule cassée, regard glace, Meehan vent mauvais qu'on évitait en changeant de trottoir. Quand mon père avait bu il cognait le sol, déchirait l'air, blessait les mots. Lorsqu'il entrait dans ma chambre, la nuit sursautait. Il n'allumait pas la bougie. Il soufflait en vieil animal et j'attendais ses poings. »

 

Le Quatrième Mur, Grasset, 2013

Liste Goncourt : Le Choix de l'Orient 201311 et le Choix roumain 201311. Prix Goncourt des lycéens 2013. Prix les lecteurs Escale du Livre 2014 (Bordeaux). Prix des écrivains croyants12 2014. Prix des libraires du Québec 2014.

L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne. S. C.

Citation de Sorj Chalandon

 « Le quatrième mur [au théâtre], c'est ce qui empêche le comédien de baiser avec le public, a répondu Samuel Akounis.
Une façade imaginaire, que les acteurs construisent en bord de scène pour renforcer l'illusion. Une muraille qui protège leur personnage. Pour certains, un remède contre le trac. Pour d'autres, la frontière du réel. Une clôture invisible, qu'ils brisent parfois d'une réplique s'adressant à la salle. »

 

Profession du père, Grasset, 2015 

Prix du Style 201513

Mon père disait qu'il avait été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d'une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu'en 1958. Un jour, il m'a dit que le Général l'avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m'a annoncé qu'il allait tuer de Gaulle. Et il m'a demandé de l'aider.
Je n'avais pas le choix.
C'était un ordre.
J'étais fier.
Mais j'avais peur aussi...
À 13 ans, c'est drôlement lourd un pistolet.
S. C.

Citation de Sorj Chalandon

 « Quelque chose avait changé dans la pièce, dans mon cœur. Une fenêtre invisible s'était ouverte, laissant entrer le vent, l'hiver, le froid, le soulagement, surtout. J'avais la main sur mon inhalateur, mais je respirais normalement. J'avais enfin mis des mots sur mon silence. Et j'avais été entendu. »

 

Le Jour d'avant, Grasset, 2017

Enfant, Michel a rêvé de rejoindre son frère Joseph à la mine. Mais la catastrophe du 27 décembre 1974 a mis fin à ses rêves. Ce jour-là, 42 mineurs étaient tués par le grisou à la fosse Saint-Amé. Grièvement blessé  dans l’accident, Joseph Flavent devait mourir quelques semaines plus tard.
  Après la disparition de son frère, Michel a quitté le Nord, l’horizon des terrils. Exilé à Paris, il a survécu, attendant l’heure de la revanche. Il n’avait qu’un but  : venger son frère. Faire payer les Houillères qu’il jugeait responsables de sa mort.
Quarante ans après la catastrophe, veuf et sans attache, Michel Flavent décide de rentrer au pays pour punir un vieux contremaître, le dernier survivant. En finir avec cet homme, c’est mettre fin à sa rage. Fermer le livre des tourments. Rendre hommage à ceux de Liévin.
Et offrir une vraie tombe à Joseph.
Voilà ce que Michel raconte.  
A nous tous, qui devrions nous méfier des histoires trop belles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by mediatheque-devecey.over-blog.com - dans Actualités
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