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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 22:33

Biographie

 

Didier Daeninckx, né le 27 avril 1949 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) est un écrivain français, auteur de romans noirs, de nouvelles et d'essais.

Issu d'une famille modeste, Didier Daeninckx prend résolument le parti d'orienter son œuvre vers une critique sociale et politique au travers de laquelle il aborde certains dossiers du moment (la politique des charters, le révisionnisme, etc.) et d'autres d'un passé parfois oublié (le massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961). Cette enquête historique le conduit parfois à quitter le domaine policier pour un réalisme social que souligne la sobriété de son style.

À 17 ans, il devient ouvrier imprimeur, puis animateur culturel et enfin journaliste local. C'est au cours d'une période de chômage qu'il écrit un premier roman qui passe complètement inaperçu, Mort au premier tour (1982), où l'on voit apparaître le personnage névrosé de l'inspecteur Cadin. Le second, Meurtres pour mémoire (1984) qui, bien avant le procès Papon, place sous les feux de la rampe la dérive sanglante de la manifestation FLN du 17 octobre 1961, est en revanche bien accueilli. Cet ouvrage publié dans la Série noire lui ouvre les portes de la notoriété[1].

Suivent la même année le Géant inachevé, toujours avec Cadin, dans lequel il s'attaque à la corruption du milieu politique, et Le der des der, dédié à son grand-père anarchiste et déserteur en 1917, où il dénonce la pratique du fusillé pour l'exemple. Dans Lumière noire (1987), où Cadin apparaît peu, il prend pour cible la politique de reconduction par charters des Maliens expulsés hors des frontières.

Au travers de ses nouvelles (En marge, Zapping), il trace une chronique douce-amère du monde contemporain, « un regard de localier » plus habitué des événements qui ne font pas la une des journaux, mais remplissent les colonnes de faits divers, quand ils ne passent pas complètement inaperçus (Yvonne, la madone de la Plaine).

Avec Le chat de Tigali (1988) il publie son premier livre pour la jeunesse, une histoire dénonçant le racisme.

Dans La mort n’oublie personne (1988), considéré comme son ouvrage le plus abouti, il s'éloigne du roman policier et raconte l'histoire tragique d'un jeune résistant condamné pour meurtre après la guerre. En 1990, Cadin est à bout de souffle et il se suicide dans Le Facteur fatal.

Le prix Paul Féval de Littérature populaire lui est attribué en 1994 pour l'ensemble de son œuvre. Ses romans sont aujourd'hui traduits dans une vingtaine de langues.

Avec Cannibale (1998), il réveille le souvenir des « zoos humains » de la IIIe République, en racontant l'histoire des Kanaks exposés comme des animaux dans un zoo lors de l'exposition coloniale de 1931. Il dit s'être intéressé à la Nouvelle-Calédonie à la mort du leader indépendantiste Eloi Machoro. Il revient sur ce thème avec Le Retour d'Ataï (2002) qui évoque la revendication du peuple kanak de voir revenir au pays la tête du grand chef Ataï.

 

 

 

 

Bibliographie

 

 

Autres lieux, éditions Verdier 1993

Les lieux portent aussi les histoires qui forment ces textes. Non pas parce qu’ils seraient seulement les métaphores des drames qu’ils abritent, mais parce que ceux-ci s’y ancrent au point d’en être indissociables.
     C’est un appartement où l’on devient guetteur – délateur – à croire qu’il recelait cette fonction, ou plutôt que, naturellement, il se proposait d’en être le théâtre adéquat. C’est un terrain vague qu’il faut quitter quand il se construit ; un meurtre s’est commis là dont les traces disparaissent en même temps que se transforme le paysage.
     Alors d’un coup, on passe du lieu au lieu commun du fait divers et une histoire collective se retrouve avec sa honte épaisse et diffuse. Maintenant on peut aller jusqu’au non-lieu, celui d’un viol jamais élucidé.
     Les Autres lieux, ce serait ça, une place, une situation au-delà de la géographie creusée dans le temps, approfondie par une histoire qui la compose tandis qu’en retour elle la soutient.


Main courante, éditions Verdier 1994

 La main courante est ce registre sur lequel, dans les commissariats de police, on inscrit brièvement les incidents enregistrés heure par heure. Rien de mieux pour dire avec un réalisme cruel ce qui se trame au quotidien quand un fil cède.
     Menée souvent comme une énigme policière, l’anecdote conduit habilement le lecteur jusqu’au trouble que jette la chute du récit : l’identité d’un interlocuteur anonyme, le doute sur la légitimité d’une haine meurtrière, le secret intenable d’une jeune SDF. C’est alors que s’éclaire l’envers du fait divers, de l’énoncé ordinaire, du discours officiel. Dans sa banalité, le drame ne se noue que pour révéler ce qu’il porte de mensonges, de bassesse, de dépit ou bien de rêves cachés, de détresse, de révolte, fût-elle désespérée.


Les Figurants, éditions Verdier 1995

Valère Notermans est un cinéphile. Sa connaissance du septième art est passionnée, exhaustive, méticuleuse, particulièrement attachée à l’aventure des débuts et toujours en quête de rareté.
     Venu dans la région de Lille pour un banal festival, il découvre, un jour de braderie, des images fascinantes qui témoignent d’une grande maîtrise. Il ne se résoudra pas à rejoindre son domicile avant d’avoir identifié le réalisateur de cette troublante bobine, avec pour seul indice quelques lettres de la fin du générique.
     Comme toujours chez Daeninckx, le jeu de miroir de la fiction et de la réalité fait à la fois la séduction et la force du récit. Roman policier, page d’histoire, fresque sociale, en toute simplicité il choisit tout et y ajoute l’humour.


Le Goût de la vérité, éditions Verdier 1997

En juin 1996, alors qu’il dirigeait le réseau Ras l’Front, Gilles Perrault engage son autorité en préfaçant l’ouvrage de militants révisionnistes pour lesquels le procès de Nuremberg ne fut « pas plus truqué qu’un autre ». Deux ans plus tôt, il se présentait en compagnie de nazis flamands aux élections européennes. Ces faits suscitent le trouble.
     Pour tenter de le dissiper, Gilles Perrault vient de faire paraître un livre d’entretiens : Le Goût du secret.
     
Didier Daeninckx y répond par Le Goût de la vérité dans lequel il précise le parcours de Gilles Perrault depuis son engagement dans les parachutistes coloniaux pendant la guerre d’Algérie, jusqu’à ses nombreux dérapages banalisant la Shoah, en passant par sa collaboration avec les services secrets français pour l’écriture d’un livre tel que L’Orchestre rouge.
     Le Goût de la vérité, basé sur une lecture précise des écrits et déclarations de Gilles Perrault, éclaire ce qui apparaît comme « une figure de la dissimulation ».
     Ce faisant, il nous parle plus largement de tous ces êtres à double visage dont l’ombre noire obscurcit cette fin de siècle.


Cannibale, éditions Verdier 1998

 1931, l’Exposition Coloniale. Quelques jours avant l’inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d’une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d’un coup. Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l’intérêt du public, veut bien prêter les siens, mais en échange d’autant de Canaques. Qu’à cela ne tienne ! Les « cannibales » seront expédiés.
     Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l’intrigue sur fond du Paris des années trente – ses mentalités, l’univers étrange de l’exposition – tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie.


La Repentie, éditions Verdier 1999

  Il est bien lourd le bagage que Brigitte emporte lorsqu’elle quitte, après plusieurs années de détention, la prison de Fleury-Mérogis. Contrainte d’adopter une fausse identité, elle se laisse guider par le hasard jusqu’à Saint-Nazaire où, sous les traits de Stellio, le pêcheur d’épaves, elle rencontre son double.
     Accident ou faute, le passé fait retour dans la trame des jours qu’on aurait voulu neufs, jusqu’à ce que le piège se resserre et que les destinées volent en éclats.


Le Dernier Guérillero, éditions Verdier 2000

Les personnages de Daeninckx ne sont pas des héros, seulement des gens ordinaires qu’une curiosité, un tiers, un hasard, permettent de découvrir tout autres. Parfois ambigus, souvent révoltés magnifiques qui apportent leur pierre à l’œuvre de justice dont rêvent les hommes. Rien n’échappe au regard en conscience de l’auteur qui sait débusquer la petite bassesse, l’ignominie des salauds ou le beau geste qui s’ignore.
     Avec la force d’évocation sûre qu’on lui connaît, sa manière d’épingler le détail qui fait la scène, en donne toute la tonalité, Daeninckx est l’un des rares écrivains du politique qui tienne actif l’écheveau de la comédie humaine tendu vers son embellie.


La mort en dédicace, éditions Verdier 2001

Venu sur les côtes de Bretagne pour y retrouver le souvenir de sa compagne disparue, le narrateur est témoin d’une scène étrange qui va l’inciter à en savoir davantage : au cours d’une fête dans une auberge, un vieux marin est empêché de chanter en breton sur l’air d’une complainte traditionnelle. Le lendemain, il est retrouvé mort. Le récit dévoilera qu’un complot de septuagénaires protège le secret de la cargaison du « dundee de Bob ».
     Sur un mode cher à Daeninckx, les bribes d’une histoire s’ajustent jusqu’à faire resurgir une page d’Histoire oubliée.
     De la seconde nouvelle, on ne donnera que les mots de la dédicace qui, par deux fois, est l’envoi qui précède la mort : « À Fiona, qui sait qu’il ne faut chercher aucune excuse, qu’il faut préférer faire face à son destin en acceptant d’en payer le prix. »


Le Retour d’Ataï, éditions Verdier 2002

Lorsque Gocéné pose le pied sur le sol de la « métropole », trois quarts de siècle après son premier séjour forcé, lors de l’Exposition coloniale de 1931, il sait seulement qu’il est venu pour honorer un engagement. Et si, à ce moment précis, on lui posait la question de savoir ce qu’il compte faire à Paris, il répondrait qu’il vient chercher un frère kanak dont la trace s’est perdue cent vingt-quatre ans plus tôt, et qu’il compte bien le ramener parmi les siens.
     Aux côtés du héros de Cannibale, le lecteur découvrira une fois encore comment la réalité historique prend parfois de surprenantes allures de fiction.



 

Cités perdues, éditions Verdier 2005

La nouvelle, chez Didier Daeninckx, bat au rythme du monde.
Son éclat noir et incisif brille comme pour laisser une trace de ceux – héros ou inconnus – dont elle évoque la vie.
Elle se cherche en scrutant le regard des témoins, et se construit au présent sur la trame de l’Histoire.
Elle s’écrit alors que la poussière des effondrements est encore en suspens.
Et quand la façade de la cité, le mur de l’atelier, ont déjà disparu, elle est l’ombre sauvegardée.
Ce recueil confirme, s’il en était besoin, que Didier Daeninckx est bien l’observateur le plus intransigeant de la littérature sociale et politique de son temps.


Histoire et faux-semblants, éditions Verdier 2007

Dans ces quatre nouvelles, qui auraient pu s’intituler « Doubles vies », l’histoire refuse que l’on assemble trop vite les bribes qui la constituent.
Les apparences s’avèrent toujours trompeuses : rêvant de la mère, on rencontre la fille, sans se douter des dangers d’une telle confusion. Sosies et jumeaux, faux « nègre » et vrai Canaque, chacun dissimule, est victime du pouvoir de l’illusion ou du prêt-à-penser. Les manouches et les saltimbanques sont tout désignés pour figurer des assassins. Mais l’art de celui qui – par profession ou par goût – est en quête consiste à trouver le moment opportun et le seul indice sur lequel il doit s’arrêter afin que – déréglant les perspectives –, naisse sous nos yeux une interprétation nouvelle des faits.
Ajoutons à cela l’humour, et la langue qui sait se faire chez Daeninckx si savoureusement populaire, et aussi sa volonté constante – visible jusque dans la description des paysages urbains de banlieue – d’historiciser le présent.

 

Rue des Degrés, éditions Verdier 2010

La littérature est une arme. Qui la sert prend parfois le risque majeur : celui de perdre la vie. Dans la nouvelle qui ouvre le recueil, « La couleur du noir », la fiction – sous la forme d’un manuscrit – met en jeu une page d’histoire peu connue, l’insurrection malgache de 1947, et dévoile du même coup l’ampleur d’une machinerie meurtrière.
Le passé n’est jamais qu’un présent réactualisé. Une image – matérielle, ou conservée dans une mémoire individuelle –, un souvenir qu’on croyait oublié suffisent pour changer la façon dont on prend part au monde, dont on décide d’un acte, d’une posture face à un événement, ou de la manière dont on engage son destin.
Voilà, à travers ces récits brefs, les situations que parcourt le regard de Daeninckx, rebondissant, de façon à la fois résolue et inquiète, entre la pose du révolutionnaire et celle du poète –  pour reprendre les mots de Francis Ponge dont il se réclame.

 

 

Meurtres pour mémoire, « Folio », Gallimard, 1984

Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s'oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d'histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l'ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s'était fait truffer de plomb, à Toulouse.
Grand Prix de Littérature Policière 1985
Prix Paul Vaillant Couturier 1984


Le Géant inachevé, « Folio », Gallimard, 1984
Prix du Roman Noir 1985

Il s'agenouilla et, doucement, tourna le visage de la femme vers le sien. Elle avait les yeux grands ouverts, la bouche béante ; la mort l'avait surprise au plus fort de la terreur.»
Un crime étrange, en pleine campagne municipale, perturbe la préparation du carnaval d'Hazebrouck. Le coupable présumé, retrouvé sur les lieux du crime, sombre dans la folie. L'inspecteur Cadin, héros décalé de Meurtres pour mémoire, se lance presque malgré lui à la recherche de ce qui a poussé à ce meurtre. Une histoire vieille de quinze ans surgit progressivement des notes qu'il amasse. Rien n'est aussi simple qu'il y paraît. Cadin a déjà payé pour le savoir et les vérités inachevées ne sont pas pour lui.


Le Der des ders, « Folio », Gallimard, 1985

Pour Eugène Varlot, ancien Poilu de la Grande Guerre reconverti en détective privé, les lendemains de victoire ont un goût plutôt amer. Tenaillé par un cauchemar obsédant qui le replonge dans l'enfer des tranchées, le voici engagé par un certain colonel Fantin. L'homme nourrit quelques doutes quant à l'intégrité conjugale de son épouse. Et Varlot, bien malgré lui, revivra des épisodes forcément douloureux du conflit... L'écrivain de polars Daeninckx et le dessinateur Tardi étaient faits pour travailler ensemble : même antimilitarisme viscéral, même attirance pour les histoires à l'ambiance sombre et désespérée. Et Tardi est ici au meilleur de sa forme. Parfaitement maître de son noir et blanc, il prend un plaisir manifeste à mettre en images le Paris ou la proche banlieue des années vingt et leurs architectures industrielles. Et les deux auteurs ont eu la bonne idée de donner un prolongement original à l'album : dans Varlot soldat, ils ont imaginé un récit inédit qui prend pour point de départ l'une des cases du Der des ders.


Métropolice, « Folio », Gallimard, 1985

L'homme à la valise se tenait immobile au bord de la fosse. Le bout de ses chaussures noires entamait la ligne blanche tracée tout le long du quai. Il haussa les épaules quand le grondement se fit plus précis. Jacques se releva et vint se placer juste derrière l'homme. Il frissonna de froid. La sueur mouillait son dos. Ses mains jaillirent de ses poches et se collèrent sur les omoplates de l'homme.
Qui bascula dans un cri terrible.
Il n'avait jamais rien vu de plus gros qu'une motrice de métro.

 

 Play-Back, « Folio », Gallimard, 1986

Prix Mystère de la Critique 1987

Dans une petite ville sidérurgique de hauts fourneaux se sont éteints, la misère prend à la gorge au coin de chaque rue. Patrick Farrel, un jeune écrivain désargenté, accepte d'écrire l'autobiographie d'une idole de la chanson, originaire de cette ville. Mais " le nègre " se prend au jeu et mène une véritable enquête sur la chanteuse. Il en apprendra alors de belles sur les coulisses du showbiz et les magouilles de son éditeur qui est aussi le producteur du " Hit 50 ". Observateur attentif des êtres et de la société qui les façonne, Didier Daeninckx utilise l'humour dans ce roman noir à la manière d'un antidote à la mélancolie ambiante.

Le Bourreau et son double, « Folio », Gallimard, 1986

"Courvilliers. 93 Seine-Saint-Denis. 43 000 habitants. Altitude 32 m. Usines automobiles. Agriculture. Église XIIIè siècle, sculpture polychrome." Si on m'avait confié la rédaction de la notule, je n'aurais pas manqué de rajouter : "cow-boys municipaux, milice privée, flics bègues et poètes, HLM pourries, meurtres à discrétion..."



Lumière Noire, « Folio », Gallimard, 1987

Une patrouille de police tire sur une voiture, à Roissy-Charles-de-Gaulle, tuant le conducteur. La bavure est manifeste, mais le climat créé par la vague d'attentats terroristes qui secoue alors Paris pousse les différentes hiérarchies à travestir la réalité. La raison d'Etat se substitue à la recherche de la vérité. Le passager de la voiture, Yves Guyot, tentera de lutter contre l'évidence imposée. Pour cela, il devra aller jusqu'à Bamako, à la recherche du seul témoin du crime, l'un des cent un Maliens parqués au dernier étage d'un hôtel de l'aéroport, juste avant leur expulsion par charter.


La Mort n’oublie personne, Denoël et « Folio », Gallimard, 1989

Mai 1944 : le jeune Jean Ricouart entre dans la résistance. À la suite d'une opération à laquelle il participe, il est arrêté, torturé, déporté en Allemagne. Il ne rentre au pays qu'en février 1946, où il épouse Marie. Il est aussitôt accusé de meurtre par un juge qui officiait déjà du temps de Pétain, et condamné à sept ans de prison.
1963 : Lucien, le fils de Jean, se fait traiter de fils d'assassin. Il se sauve du lycée et meurt pendant sa fugue.
Vingt-cinq ans plus tard, un ami de Lucien, journaliste, enquête sur la vie de Jean Ricouart et l'interroge, comme pour confirmer cette ultime phrase écrite par Lucien : "Mon père n'est pas un assassin."


Le Facteur fatal, Denoël et « Folio », Gallimard, 1990
Prix Populiste 1990

Le facteur fatal est en quelque sorte la biographie d'un personnage imaginaire. De Strasbourg en 1977 à Aubervilliers en 1989, au moment de l'effondrement du mur de Berlin, on suit pas à pas, de ville en ville, la brève carrière de l'inspecteur Cadin. Solitaire passionné de faits divers insolites, il porte son regard à la marge des enquêtes et voit ce que tout le monde s'acharne à ignorer : une société malade d'un passé refoulé.


À louer sans commission, Gallimard, 1991

Milna et José, prennent chez eux un vieux voisin expulsé de son logement. Ce récit humain, d'un réalisme au quotidien, plein de fraîcheur et de tendresse, se termine sur une note pathétique: "... nos larmes mêlées s'écrasèrent sur cet enfant que nous venions de perdre".

Hors-limites, Julliard et « Folio », Gallimard, 1992

Surtout, ne pas se fier au décor. Sur ces bords de Seine, là où naît le canal Saint-Denis, les tagueurs ont remplacé les peintres impressionnistes. La blancheur immaculée des cygnes posés sur le fleuve contraste avec la noirceur de la vie des habitants du quartier. C'est là que grandit Eric. Son quotidien d'adolescent est tristement classique, entre les relations difficiles avec son père et les copains plus ou moins douteux, toujours prêts à le mettre sur des coups foireux. Heureusement, il y a Marina, sa petite amie. Un jour, il participe à un casse qui tourne mal. Un détective privé s'en mêle. Et là, c'est la vie d'Eric qui s'emmêle…



 

Zapping, Denoël et « Folio », Gallimard, 1992
Prix Louis Guilloux 1993

Avec Zapping, Daeninckx propose une série de destins sur lesquels la télévision a exercé son influence, avant, pendant, après et parfois parallèlement à ses émissions.
Ces destins stigmatisent les usages et les abus de la télévision, sa démagogie et son conformisme, et, à travers le petit écran, c'est sur les tares et les vices fondamentaux de la société contemporaine que Daeninckx tire à bout portant.


En Marge, Denoël et « Folio », Gallimard, 1994

En marge, c’est autant de portraits tendres ou ironiques, tracés par la plume sans complaisance de Didier Daeninckx, qui tous parlent de la marge.

Aux récits d’ouverture qui se situent dans la banlieue, symbole même de la marge - et qui plantent le décor de notre actualité avec ses laissés-pour-compte, ses exilés de l’intérieur -, succèdent ceux où l’on rencontre, au détour de situations drôles ou mélancoliques, d’autres habitants des marges, abandonnés de l’amour, oubliés du temps. Puis le périple s’achève - de la banlieue à la banlieue - avec pour l’auteur un retour à l’enfance, à ce qui a nourri son imagination et façonné sa sensibilité, mémoire et présent mêlés.


Un Château en Bohême, Denoël et « Folio », Gallimard, 1994

François Novacek, ancien journaliste d’investigation devenu détective privé, se rend à Prague sur les traces d’un écrivain français disparu lors d’un voyage de repérage.
Dans cette ville où tout semble à la fois curieux et habituel, Novacek va se trouver confronté à une réalité déroutante.

Son enquête sur le passé récent du pays et sur les méthodes de l’ex-Union des écrivains va croiser sa propre histoire, celle d’un père ancien résistant sous l’occupation nazie devenu footballeur de haut niveau, et qui parvint à fuir en 1952 lors de la grande vague des procès staliniens.


Nazis dans le métro, Baleine et Librio, 1996

Un type détroussé, tabassé et laissé pour mort dans le sous-sol de son immeuble parisien... Pour le quidam moyen, c'est une agression banale. Pas pour Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, spécialiste des oubliés du fait divers. La victime? André Sloga, 78 ans, anarchiste, pacifiste, ex-résistant, tendance bringueur et alcoolo... Écrivain engagé, par-dessus le marché, qui préparait un livre sur une sombre affaire d'empoisonnement dans le marais poitevin. Ex-dissidents déjantés, ex-Yougos massacreurs et néo-nazis complètement nazes... Autour de cette affaire gravitent quelques-uns des plus fameux spécimens de têtes à claques. Il n'en faut pas plus au Poulpe pour s'échauffer sérieusement…


À nous la vie, photos de Willy Ronis, Hoëbeke, 1996

Willy Ronis s'est attaché, entre 1936 et 1958, à suivre le monde ouvrier au travail, dans sa vie quotidienne, mais aussi dans ses luttes. Les photographies réunies dans cet ouvrage nous montrent les camarades du Front populaire et ceux qui les suivront après guerre. Des documents d'une qualité et d'un intérêt exceptionnels. Pour ce livre, son ami, le romancier Didier Daeninckx retrace l'itinéraire d'un jeune ouvrier de l'époque.

 


Mort au premier tour, Denoël et « Folio », Gallimard, 1997

Le lendemain des élections municipales de mars 1977 , Alain Dienta dit l'Indien, militant écologiste, est retrouvé assassiné sur le chantier de la centrale nucléaire de Marcheim, en Alsace. L'inspecteur Cadin, dont le désespoir raisonné et le goût du fait divers nous deviendront bientôt familiers, va errer dans la région et mener sa première enquête.
Il rencontrera des membres de communautés vaguement hippies, des rédacteurs de journaux contestataires, des organisateurs de festivals clandestins, des survivants de soviets alsaciens de novembre 1918, des destructeurs d'art dégénéré, des flics des R.G. à la tête de publications gauchistes. Il promènera sa solitude le long des quais de l'Ill, de l'Aar, du Rhin-Tortu, et portera son regard là où il ne faut pas.


Écrire en contre, Paroles d’Aube, 1997

‎Entretiens avec Robert Deleuse, Christiane Cadet, Philippe Videlier suivis de L'écriture des abattoirs.

La Couleur du noir, « Page Blanche », Gallimard, 1998

Victor Granic, le directeur des éditions Intérieur Noir, a été assassiné. Trois manuscrits ont disparu. Rancune d’auteur refusé ? Crime passionnel ? Meurtre politique ? Un roman clefs, un ancien prix Goncourt et un policier aux yeux morts derrière ses lunettes noires… dans cette ténébreuse affaire, il sera difficile d’y voir clair.

Passages d’enfer, Denoël, 1998

Voici un recueil de vingt et une nouvelles caustiques, sensibles et drôles. Ce livre déborde d'histoires qu'on voudrait toutes raconter. A chaque fois, les choses prennent une tournure à laquelle on ne s'attendait pas, on est toujours surpris.
Didier Daeninckx s'inspire directement de l'actualité et dénonce les petits travers de notre société. Dans l'une des nouvelles, un fils détourne le tour de France par amour pour son père, dans une autre, des chômeurs en colère s'emparent de postes occupés pour les doubler et sont soutenus par les travailleurs, dans la dernière, de vieux soixante-huitards fêtent les trente ans de mai dans un appartement cossu du XIVe arrondissement, passage d'enfer, justement.

Belleville Ménilmontant, photos de Willy Ronis, Hoëbeke, 1999

Willy Ronis a découvert le quartier de Belleville-Ménilmontant en 1947. Immédiatement amoureux de ses ruelles, passages, escaliers, terrasses et arrière-cours, le photographe multiplie les clichés de ce village populaire et de ses habitants qui tous partagent la même douceur de vivre. Emu par les images de ce Paris disparu habité des silhouettes de gens simples mais dont la "vie n'est pas ordinaire", Didier Daenincks réinvente la vie qui aurait pu être celle de l'un de ces personnages. L'auteur imagine alors le retour d'un exilé, qui après dix ans, retrouve son quartier, recensant les choses qui ont changé et celles qui sont restées. Ce livre, né de la rencontre de deux émotions, est un magnifique hommage à la mémoire de ce Paris des guinguettes, de ce quartier où, malgré les changements, demeurent "des espaces dénaturés" et surtout "cette lumière incomparable des quartiers sur collines".


Banlieue nord, Cadex, 1999

Avec ce recueil de nouvelles, Didier Daeninckx nous entraine en banlieue nord au bord du canal de Saint Denis dans un univers glauque où se réfugient les exclus de notre société. La nouvelle qui donne son titre au recueil est à cet égard exemplaire : décor sordide en noir et blanc qui rappelle certains films de Carné, lent déroulement de l'intrigue qui mène à travers les malentendus jusqu'au dénouement inexorable et fatal. La fiction policière par moment à peine esquissée permet à Daeninckx de nous livrer une vision pessimiste mais lucide de l'univers dans lequel nous vivons.  


Éthique en toc, éditions Baleine, 2000

Historien lyonnais, Pierre Floric est retrouvé pendu dans une maison abandonnée à Caluire, celle où fut arrêté Jean Moulin. Il était l'ami de Gabriel Lecouvreur, et né comme lui le 22 mars 1960. Or Lecouvreur, surnommé Le Poulpe, passe le plus clair de son temps à enquêter sur les faits divers troublants. Intrigué par cette mort suspecte, Le Poulpe quitte Paris pour interroger Léa, l'amie de Pierre. La jeune femme ne peut lui fournir aucune explication. Quelques mois plus tard, 400 000 livres sont détruits dans l'incendie qui ravage la bibliothèque universitaire de Lyon. Le corps de Léa est retrouvé à l'intérieur, une balle dans la tête. Le Poulpe repart à la charge.

 

12, rue Meckert, éditions Gallimard, 2001

 

Maxime Lisbonne, journaliste de faits divers, habite Paris, 12, rue Meckert. Une de ses enquêtes l'entraîne dans l'Indre, à Saint-Benoît-du-Sault, où un certain Buffin travailla jadis comme jardinier dans un établissement pour adolescents handicapés. L'homme a été incarcéré à Châteauroux pour avoir, à l'époque, assassiné et abusé sexuellement de plusieurs jeunes filles pensionnaires du refuge. Alors que son enquête a du mal à progresser, Lisbonne, en rentrant à Paris, découvre sur son répondeur un message de Vincent Tournaire, un ancien collègue qui souhaite lui communiquer une information importante. Mais Tournaire, avec lequel il avait travaillé dix ans plus tôt au mensuel J'enquête, est assassiné. Il contacte un autre journaliste qui, lui aussi, disparaît brutalement. Dès lors, Lisbonne, qui craint pour sa peau, pioche dans les archives du défunt journal pour tenter de trouver une piste.


Ceinture rouge, éditions Éden Production, 2001

Pour échapper à la prison après une blague de potaches qui a mal tourné, un étudiant rejoint les rangs de l'armée en Algérie. Il y découvre vite la guerre, l'obéissance aveugle aux ordres et la souffrance... En triant les affaires de sa grand-mère qui vient de mourir, un jeune homme se retrouve confronté au passé et à la vie d'une femme engagée dans tous les combats. La fiction et l'Histoire s'entrechoquent dans ces deux textes saisissants et " politiquement incorrects ".


Corvée de bois, dessins de Tignous, Liber Niger, 2002


" Une rage muette consumait nos énergies et, dans le secret de nos consciences, nous avions tous prêté serment de venger Catinat. Dans les salle de change où se négocie la vie humaine, le soldat d'élite vaut de l'or, et cette année-là le meurtre d'un parachutiste par un terroriste embusqué, devait nécessairement coûter un minimum de cinquante morts aux insurgés. "

D'un concert de Monsieur 100 000 volts jusqu'aux décharges de la gégène, un jeune homme avide d'action se vide de son humanité dans les Aurès. Refrain connu mais lancinant de la guerre d'Algérie, avec ou sans Bécaud.


Les Corps râlent, Eden Productions, 2003

Jean-Luc Mestrem, détective au bout du rouleau, s'installe dans la maison de ses parents pour une retraite en solitaire. La mort de deux majorettes, précipitées du haut de la falaise, l'oblige à renouer avec les petits chanteurs de son enfance. La reconstitution de la chorale livrera la clé du drame.


 


Raconteur d’histoires, Gallimard, 2003

Une parade sillonne la ville ; sa musique, ses couleurs déchirent le quotidien. " Ça éructe, ça pète, ça chie, ça gueule, ça feule, ça hurle, ça barrit, ça blatère, ça cacarde, ça turlute, ça caquette, ça chicote, ça coucoule et ça s'ébroue ! Derrière, dans l'orangé tournoyant des gyrophares, une escouade d'Africains en uniforme vert, bandes fluorescentes sur les coutures, joue du jet et du balai pour effacer le passage de la jungle apprivoisée. " Un pas de côté, et l'homme en gris entre dans l'histoire... L'or romanesque est partout, il suffit de repérer la veine sur une île contrebandière bien sûr, mais aussi dans un tube d'aspirine, sur le chantier d'un métro, dans une station orbitale réformée, au cœur des banlieues délaissées. La méthode est simple : jeter des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité, comme on franchit un torrent en s'appuyant sur les rochers épars...


La Route du rom, Le Seuil, 2003

Le Poulpe n'est ni un vengeur, ni un justicier, ni le représentant d'une loi ou d'une morale. Il est un personnage libre, curieux, un témoin en mouvement qui, pour appréhender le monde contemporain, va se rendre compte par lui-même des désordres du quotidien. Que la presse relate un fait divers qui lui semble masquer une autre réalité que celle annoncée et il va sur place pour tenter de comprendre... A Corneville, petit bourg du Cotentin, un jeune Gitan, musicien professionnel de talent jouant dans les films de Tony Gatlif, écoute son grand-oncle très âgé lui raconter enfin le secret de sa vie. Les deux hommes meurent quelques heures après. Mais si le plus vieux était malade, le jeune, lui, a pris un coup de fusil dans un lieu où rien n'expliquait sa présence... Prévenu par deux inconnus, le Poulpe, une fois de plus, va mettre ses grands pieds dans le plat.


Je tue il, Gallimard « Série noire », 2003

En 1945, après trois années de guerre victorieuse contre le Japon, les Etats-Unis démontent leurs bases militaires édifiées en Nouvelle-Calédonie. On manifeste pour le rattachement de l'île aux USA. C'est ce moment que choisit René Trager, un écrivain célèbre, pour débarquer sur le Caillou, lassé des hypocrisies du milieu littéraire parisien. Viviane, une jeune Caldoche amatrice de coupé Studebaker, perd la tête dès qu'elle le voit. Sur leur passage, d'autres l'égareront également, mais de manière moins poétique, à l'ombre de la guillotine


Le crime de Sainte-Adresse, éditions Terre de Brume, 2004

Quelle est l'identité de ce cadavre découvert sur un quai du port du Havre? L'insaisissable femme rousse qui hante les docks en serait-elle l'assassin ? Pourquoi est-elle alors à son tour victime d'une tentative de meurtre? Toutes ces questions obsèdent Cendrine, la jeune inspectrice de police chargée de l'enquête sur le crime de Sainte-Adresse. Sa ténacité l'amènera à la découverte d'une sinistre réalité, de portée internationaleSaisi par l'œuvre photographique de Cyrille Derouineau, l'univers portuaire du Havre confère à l'intrigue nerveuse et désabusée de Didier Daeninckx, une dimension noire des plus propices aux meilleurs romans du genre


Itinéraire d’un salaud ordinaire, Gallimard, 2006

Clément Duprest, brillant étudiant en droit, intègre la police nationale en 1942. Contrairement à certains de ses collègues, Duprest ne " fait pas de politique : il va se contenter de mettre au service de ses patrons son intelligence et son sens de l'observation. Au sein de la " brigade des propos alarmistes ", il est chargé de repérer et de neutraliser les individus hostiles à Vichy... Ainsi commence la longue carrière d'un fonctionnaire que certains diraient irréprochable. A travers les faits et gestes quotidiens d'un salaud tout à fait ordinaire, Didier Daeninckx nous invite à revisiter quarante ans d'histoire française, de la rafle du Vél' d'Hiv à la candidature de Coluche à la présidentielle de 1981. Un roman psychologique noir qui révèle, avec un humour froid et une distance glaçante, les aveuglements, les égarements et les silences de l'Histoire, et interroge sur le devoir d'obéissance.


On achève bien les disc-jockeys, éditions La Branche, 2006

Trois hommes. Jeunes a priori. À la recherche d'une maison du côté de Tours. Ce qui les intéresse, ce n'est pas la maison mais ses occupants. Ils tournent un peu, cherchent à ne pas se faire remarquer. Ils dénichent finalement l'habitation au fond d'une carrière désaffectée et exécutent l'homme qui s'y trouve après avoir assommé un enfant. En repartant, ils tuent également une femme…
On revient quelques semaines plus tôt et une tout autre histoire nous est racontée. Une tout autre histoire qui va aboutir à ce règlement de compte.


Levée d’écrou, dessins de Mako, Imbroglio, 2007

Sur les ondes troublées d'une radio militante de banlieue, Crista donne la parole aux taulards. C'est par le biais de son émission, Levée d'écrou, qu'elle entre en contact avec un certain Manu qui, sortant sous peu de Fleury, désire la rencontrer pour la remercier de l'avoir aidé à tenir tout son temps d'incarcération. S'amourachant de lui, elle le présente au mystérieux directeur de la radio à qui Manu propose d'installer, à l'œil, un ultraperformant système informatique. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle vient de faire entrer un
loup dans cette drôle de bergerie...


Baraques du Globe, dessins de Didier Collobert, Terre de Brume, 2008

À partir de la fin des années vingt, la banlieue parisienne se couvre de baraques. Les terrains vagues, les vergers, les terres maraîchères laissent place à l’habitat prolétaire. Ferdinand, le grand-père de Didier Daeninckx, acquiert une parcelle d’un lotissement de Stains appartenant à Émile Grindel, le père du poète Paul Éluard. De nombreux destins vont s’y croiser, ceux de Marie, de Jojo, de Fernand, de Cosette, d’André, de Jean-Lou...Didier Collobert accompagne ce texte autobiographique de ses propres souvenirs graphiques d’autres baraques, celles qui furent édifiées à Lorient, après les bombardements de 1945. Étrangement, les personnages semblent faire corps avec les dessins de la ville bretonne, quartiers de bois et de tôles aujourd’hui disparus.


Camarades de classe, Gallimard, collection « Blanche », 2008

La narratrice, Dominique, travaille avec succès dans une agence de publicité.
Son mari, François, approche comme elle de la soixantaine. Cadre dans un groupe pharmaceutique en cours de restructuration, il est miné par la perspective d'un possible licenciement à quelques années de la retraite. Un message arrive un jour sur la boîte électronique de François, provenant d'un ancien ami de lycée qui tente de renouer le contact grâce au site internet " camarades-de-classe.com ". Dominique répond à l'insu de son mari et sollicite les confidences...
Dans la correspondance électronique qui naît s'affrontent des visions contradictoires d'un même passé. Ces anciens gosses d'Aubervilliers, qui fréquentaient la même classe en 1964, ont connu des trajectoires diverses, marquées par Mai 68 et par la culture communiste. L'un est devenu chanteur de charme, l'autre est demeuré stalinien, un autre a tourné escroc au grand coeur, d'autres sont chimiste, universitaire exilé, détective privé, SDF, ou bien mort.
Mais la photo de classe autour de laquelle s'organisent ces retrouvailles virtuelles recèle une énigme d'un autre ordre...



 

Petit éloge des faits divers, Gallimard, 2008

Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis.
De 1966 à 1982, il travaille comme imprimeur dans diverses entreprises, puis comme animateur culturel avant de devenir journaliste dans plusieurs publications municipales et départementales. En 1983, il public Meurtres pour mémoire, première enquête de l'inspecteur Cadin qui retrace la manifestation des Algériens en octobre 1961 et la répression policière qui fit une centaine de morts. L'année suivante parait Le géant inachevé: un crime étrange perturbe la préparation du carnaval d'Hazebrouck : une jeune femme est assassinée, et le géant qu'elle confectionnait est également la cible du tueur mystérieux


La mémoire longue, textes et images 1986-2008, Le cherche-midi, 2008

Voici le grenier de la mémoire de Didier Daeninckx : plus de vingt ans d'enquêtes, de reportages, de carnets de voyage, de souvenirs personnels, d'histoires vécues, de récits historiques, de témoignages, de portraits, de notes de lecture, de chroniques, de textes polémiques. L'auteur y a aussi déposé quelques nouvelles courtes dans lesquelles la réalité dépasse la fiction. On y trouve tout ce dont il a fait miel pour nourrir ses romans et ses nouvelles : ses racines familiales et sociales ; ses attaches banlieusardes et politiques ; ses choix littéraires et artistiques ; ses recherches et ses trouvailles historiques ; ses pérégrinations et ses rencontres ; ses convictions et ses révoltes ; ses coups de cœur et ses coups de gueule. Pour Daeninckx, le passé " est une composante essentielle de notre présent ". L'amnésie, personnelle ou collective, désinvolte ou délibérée, conduit toujours à des désastres, à l'éternel retour du pire. Une question hante chaque page de La Mémoire longue : à qui profite l'oubli ?


La rumeur d’Aubervilliers, Le temps des noyaux, 2009



 

 

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